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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 12:32

Déclaration du 20 novembre 2011
Mathias
ALLIANCE POUR LA REPUBLIQUE
ET LA DEMOCRATIE
A.R.D
************** Justice-Démocratie-Paix.
***********

Déclaration de l’Alliance pour la République et la Démocratie (ARD) à la rencontre des responsables des structures fédérales et locales de la ville de Brazzaville.

La rencontre des responsables des structures de l’Alliance pour la République et la Démocratie (ARD) de la ville de Brazzaville, se tient à un moment où les luttes des peuples pour la liberté, la démocratie et la justice se développent dans le monde en général, dans le monde arabe et en Afrique en particulier.

I- SITUATION INTERNATIONALE


L’ARD constate avec satisfaction que le puissant mouvement du printemps arabe, initié par le peuple tunisien et qui a balayé sur son passage les régimes dictatoriaux de BEN ALI en Tunisie, Hosni MOUBARACK en Egypte et Mouammar KHADAFI en Libye, s’est étendu au Yémen et en Syrie et se dirige désormais sur l’Afrique sub-saharienne où les dictateurs tentent désespérément de s’agripper au pouvoir, en ourdissant des manœuvres de tout genre (modification des Constitutions, fraude électorale, étouffement de toute vraie opposition, corruption, achat des consciences, etc). S’agissant particulièrement de la Libye, l’ARD a salué la chute du dictateur KHADAFI en publiant le 07 septembre 2011, un communiqué de presse, par lequel, elle a apporté son ferme soutien au Conseil National de Transition (CNT), tout en formulant le vœu qu’il saura apporter des solutions appropriées au vécu quotidien du peuple libyen et construire les conditions d’émergence d’ une Libye réellement démocratique.

Au Moyen-Orient, Mahmoud ABBAS, président de l’Autorité palestinienne, a demandé à l’Assemblée Générale des Nations Unies le vendredi 23 septembre 2011, l’admission de l’Etat de Palestine comme membre de l’organisation des Nations Unies. C’est ici le lieu de rappeler que le 29 novembre 1947, l’Assemblée Générale des Nations Unies avait adopté la résolution 181, qui partageait le territoire de la Palestine en un Etat Juif et un Etat arabe. Le 14 mai 1948, David Ben GOURION avait proclamé la naissance de l’Etat d’Israël. 63 ans après cette proclamation, l’ARD considère que le temps est venu de promouvoir à son tour, un Etat Palestinien de plein droit. Cet Etat doit reconnaître officiellement l’existence de l’Etat d’Israël. La résolution du conflit israélo-palestinien est à ce prix, ce qui, avec le concours de la communauté internationale apportera dans la région du golfe une paix durable. L’ARD suit avec attention le processu s ainsi engagé et lui souhaite un aboutissement heureux.


II- SITUATION NATIONALE

La Conférence Nationale Souveraine, tenue à Brazzaville de février à juin 1991, avait aboli le monopartisme, restauré le pluralisme politique, réhabilité les libertés fondamentales, bref, remis sur les rails la démocratie congolaise, bafouée par le Mouvement National de la Révolution (MNR) en 1964, le CNR en 1968 et le PCT de 1969 à 1991. Depuis la tenue de cette assise historique, le Congo n’a pas encore retrouvé le chemin de la démocratie véritable, de l’unité et de l’entente nationales. Les Congolais s’interrogent avec amertume sur leur sort et sur l’avenir de leur pays aujourd’hui meurtri. Au moment où s’ouvre la rencontre des responsables des structures fédérales et locales de la ville de Brazzaville de notre groupement, après l’interdiction par le pouvoir de notre assemblée générale du 09 octobre 2011, personne ne sait de quoi sera fait demain tant le pays est bloqué et l’horizon bouché.

1- Au niveau politique
La situation est totalement bloquée en raison de l’absence d’un véritable dialogue politique. Le gouvernement dont la principale caractéristique est l’obsession de conserver coûte que coûte le pouvoir par la force, s’obstine dans une attitude autiste et suicidaire en refusant systématiquement tout dialogue avec l’opposition, ce, au moment où le vent des revendications pour la liberté, la démocratie et le respect des droits humains secoue et balaie les dictatures à travers le monde. A l’opposé de l’entêtement absurde du pouvoir de vouloir recourir à la force dans un contexte international dominé entre autres, par le printemps arabe, la chute des dictateurs Laurent GBAGBO, Ben ALI, Hosni Moubarack et Mouammar Khadafi, l’Alliance pour la République et la Démocratie (ARD) propose aux autorités congolaises, la voie de l’intelligence et de la sagesse avant qu’il ne soit trop tard. C’est par le dialogue politique constructif que nous sortiron s notre pays de l’abîme dans lequel il s’enfonce.

L’enrôlement forcé de plusieurs partis politiques de l’ancienne mouvance présidentielle dans le Parti Congolais du Travail (PCT), les intimidations perpétrées par les forces de répression (police, garde républicaine et milice de Tsambitso), les tentatives de liquidation des partis politiques de l’opposition, la corruption à grande échelle dans les milieux de l’opposition ne sauraient constituer des solutions à la crise politique profonde que traverse notre pays depuis 2002. Bien au contraire, cela aggrave la crise et expose le pays à des explosions dramatiques.
Il plane sur le Congo un air d’abandon. L’Etat n’est plus géré. Le président de la République, quand il n’est pas en voyage hors du Congo, est dans son village natal où il s’occupe des problèmes privés. Pendant ce temps, les membres du clan familial s’affairent à trouver une solution à leur goût, celle qui, au mépris de tout un peuple, permettrait de garder le pouvoir dans le giron familial. Le déploiement des forces de police et de la garde républicaine, opéré, avant, pendant et à la suite de la manifestation pacifique du Collectif « des jeunes indignés », le 02 septembre 2011, sur l’esplanade du Centre national de radio et télévision (CNRT) de Kombo, participe de cette obsession de conserver le pouvoir par tous les moyens.

Aujourd’hui, le monde est entré dans un processus de changement démocratique et pacifique irréversible. Toute tentative de conservation du pouvoir par la force ou par une modification de la Constitution du 20 janvier 2002, est une provocation et une déclaration de guerre contre le peuple congolais, les patriotes, les démocrates et les républicains qui n’hésiteront pas à assumer leur rôle historique.

Seul un vrai dialogue politique entre le pouvoir et l’opposition, dialogue à réunir dans les meilleurs délais, pourra éviter au pays des épreuves inutiles. Les échos qui parviennent des autres pays incitent à emprunter cette voie de la responsabilité. L’entêtement irresponsable du pouvoir doit cesser et céder la place à la raison et à la sagesse. La politique est l’art de l’anticipation et de l’intelligence, c’est-à-dire, l’art de toujours tenir compte du contexte et d’agir en conséquence. Portée par cet esprit de responsabilité et de dévouement à l’intérêt collectif, l’ARD demande au pouvoir d’arrêter les provocations qu’il s’ingénie à perpétrer à travers :

a- la violation répétée de la Constitution du 20 janvier 2002.

On le sait, l’article 98 alinéa 2 de la Constitution stipule : « (…) un député ou un sénateur élu, présenté par un parti politique ou un groupement politique qui démissionne de son parti ou de son groupement politique, en cours de législature, perd sa qualité de député ou de sénateur (…) ».
Or, le pouvoir a maintenu, à certains députés et sénateurs, élus sous la bannière de leurs partis respectifs, mais qui ont intégré le PCT à l’issue de son 6e congrès, leur qualité de député et de sénateur, au mépris des dispositions de l’article sus-visé. Plus grave, ces députés et sénateurs sont mécaniquement devenus des élus du PCT. La Constitution doit s’appliquer rigoureusement à ces femmes et à ces hommes, coupables de vagabondage politique. Ils doivent perdre immédiatement leurs mandats et cesser de bénéficier des indemnités liées à ces mandats. La Cour Constitutionnelle doit faire appliquer la loi, en demandant au gouvernement d’organiser des élections partielles dans les circonscriptions concernées. Dans ce cadre, l’ARD soutient l’action de Mathias DZON qui a déposé auprès de la Cour Constitutionnelle, une requête en déchéance des mandats des intéressés. Elle dénonce la décision inique de la Cour Constitutionnelle qui, sur injonction du pouvoir et du PCT, vient comme à son habitude, de déclarer irrecevable cette requête.

Toujours en violation de la Constitution, en son article 72, portant incompatibilité des fonctions de président de la République avec toutes autres fonctions, le président Denis Sassou Nguesso a été élu, président du Comité Central du PCT et exerce aujourd’hui, cumulativement avec ses fonctions de président de la République, les fonctions de président du Comité Central du PCT. Il est urgent et impératif qu’il choisisse entre ces deux fonctions, sous peine de poursuites judiciaires devant la Haute Cour de justice.

Sur le même registre, depuis plusieurs mois, le pouvoir multiplie les tentatives devant aboutir à la révision de la Constitution du 20 janvier 2002 en ses articles 57, 58 et 185, d’une part, pour supprimer les limites d’âge d’éligibilité à l’élection présidentielle, d’autre part, pour supprimer, la limitation du nombre des mandats du président de la République fixés à deux, une disposition pourtant non révisable suivant la Constitution elle-même. Toutes ces manipulations et tentatives visent un seul et même but, la conservation du pouvoir par le clan familial et le parti unique. L’ARD s’opposera fermement à toute révision de la Constitution et appellera le peuple à relever ce défi que le pouvoir se propose de lui imposer.

b- les graves atteintes aux libertés, à la sécurité et à l’intégrité physique des responsables et militants de l’opposition
L’on se rappelle que le pouvoir n’a pas hésité à lâcher ses milices privées et les policiers aux ordres sur les militants du Front des Partis de l’Opposition Congolaise (FPOC), lors de la marche pacifique et spontanée du 15 juillet 2009 en usant des balles réelles et des gaz lacrymogènes contre les militants. Récemment encore, « les jeunes indignés » qui ont tenté d’exprimer publiquement leur ras-le-bol ont sauvagement été réprimés, arrêtés et battus par la police et la garde républicaine. Par ailleurs, les activités des partis politiques de l’opposition sont quotidiennement entravées ; les salles et les espaces publics de réunions et de manifestations leur sont systématiquement refusés. L’ARD dénonce avec la dernière énergie l’arrestation et la détention arbitraires de monsieur OKANA Lucien, président de la jeunesse du Parti pour l’Alternance Démocratique (PAD), ainsi que l’agression barbare perpétrée par les barbouze s du pouvoir contre monsieur Paul-Marie MPOUELE, président du Rassemblement des Jeunes Patriotes (RJP) et coordonnateur du Collectif « des jeunes indignés ». Elle s’insurge contre les atteintes au libre exercice des activités des partis et associations politiques de l’opposition.

c- les tentatives d’interdiction des partis politiques de l’opposition

Sous le prétexte de non conformité à la loi sur les partis politiques, le pouvoir multiplie les stratagèmes pour tenter d’interdire les partis de l’opposition. Il érige la rétroactivité des lois en règle, contrairement à toute légalité. Or, l’article 2 du code civil congolais dispose : « la loi ne dispose que pour l’avenir ; elle n’a pas d’effet rétroactif ». Dans le même esprit, l’article 4 du code pénal congolais stipule : « Nulle contravention, nul délit, nul crime ne peuvent être punis de peines qui n’étaient pas prononcées par la loi avant qu’ils fussent commis ». C’est dire qu’on ne peut pas appliquer à des partis créés depuis 1991 sous le régime de la loi de 1901, les dispositions de la loi sur les partis de 2006. Il s’agit là d’une hérésie juridique.

En définitive, la situation politique dans notre pays est rendue explosive par un pouvoir à bout de souffle dont la seule préoccupation aujourd’hui est de tenter désespérément de s’accrocher à la barre, face à la colère montante du peuple. Celui-ci ne doit se laisser ni divertir, ni intimider ; il doit au contraire s’armer d’une farouche détermination et assumer la plénitude de sa souveraineté, en exigeant de la classe politique de se retrouver dans un vrai dialogue politique qui permette au pays de sortir de la crise actuelle et de créer les conditions permissives d’une alternance démocratique et pacifique.

2- Au plan économique
La situation économique de notre pays, malgré les apparences dues à la production pétrolière, n’a jamais été aussi mauvaise qu’aujourd’hui. De nombreuses entreprises héritées de la colonisation et de l’ère Massamba-Débat, ont, pour l’essentiel, disparu. Les quelques unités qui subsistent, particulièrement dans le domaine des services publics sont quasiment en faillite en raison d’une gestion des plus calamiteuses. Celles créées en rapport avec le pétrole sont la quasi-propriété de la famille régnante (SNPC, AOGC, HD, COTRADE). Certains puits pétroliers on-shore appartiendraient également au clan familial. Et que dire de cette vieille affaire de taxe sur l’exportation du pétrole versée à la famille régnante à travers la SOCOTRAM, un armement sans outil, dans lequel l’Etat détient tout de même 40% du capital.
Au moment où les revenus pétroliers abondent et génèrent des excédents budgétaires importants (1000 milliards de Fcfa en moyenne depuis 2005), où le Fonds monétaire international a donné un coup de pouce important par l’élection du Congo à l’IPPTE, le pouvoir est incapable de saisir cette double opportunité pour promouvoir une base économique solide. Il se contente d’incantations sur la croissance à deux chiffres, sur la modernisation et l’industrialisation et sur la fuite en avant ridicule de l’émergence du Congo en 2025, lorsque l’on sait qu’il est aujourd’hui incapable de fournir de l’eau potable aux populations, des emplois aux jeunes et de lutter réellement contre l’extrême pauvreté des 70% des Congolais qui vivent avec en moyenne, moins de deux dollars (soit 1000 Fcfa) par jour.

Les secteurs traditionnels de l’économie congolaise, la forêt et l’agriculture végètent et périclitent. La crise du secteur forestier laissé en pâture aux Malaisiens persiste et n’autorise aucune croissance réelle de ce secteur. L’agriculture, quant à elle, demeure au stade de la subsistance malgré le tapage orchestré autour des deux Kolkhozes inaugurés à Nkouo et Imvouba. L’industrialisation tant vantée n’est perceptible nulle part, à moins qu’il ne s’agisse que de notre traditionnelle cimenterie de Loutété, de la sucrerie de Nkayi, des unités alimentaires héritées de la colonisation comme Brasco et SIAT. Quant à la modernisation, il s’agit là encore, d’une incantation, d’un vœu pieux. Le bruit fait autour des infrastructures de base ne cadre nullement avec la réalité sur le terrain. En effet, le chemin de fer Congo océan et les ports fluviaux sont dans un état de délabrement avancé. Depuis la mort de LINA CONGO, le transpor t aérien est devenu la proie de quelques petits affairistes agréés par la famille régnante et n’offre pas de sérieuses garanties de sécurité pour les voyageurs, les avions n’étant ni assurés, ni en conformité avec les règles de l’IATA ;

Les voies de communications terrestres n’ont pas connu de développement majeur, malgré le battage médiatique sur les municipalisations dites accélérées et le rôle de la délégation générale aux grands travaux, ce tonneau de danaïde à travers lequel des centaines de milliers de milliards de Fcfa se sont évaporés. Au regard des moyens financiers colossaux disponibles depuis 2003, le pouvoir aurait pu et dû faire mille fois ce qu’il a fait aujourd’hui, et d’ailleurs en grande partie sur des prêts de la Chine et non sur fonds propres. C’est le cas du barrage d’Imboulou (253 milliards de FCFA), de la route Pointe-Noire – Dolisie (64 milliards de FCFA), de l’aéroport de Brazzaville (45 milliards de FCFA), de la route Obouya-Boundji-Okoyo (25 milliards de FCFA), de la route Makoua-Mambili (60 milliards FCFA), de l’usine de Djiri (9 milliards de FCFA, etc), dont le pouvoir nous rabat les oreilles tous les jours. Pour l’essentiel, l’arrière-p ays demeure enclavé.

La municipalisation de Brazzaville a duré 3 ans ; 170 projets étaient programmés. Au bout de trois années, moins de trente projets sur les 170 ont connu un début d’exécution et Brazzaville demeure une ville poubelle, un vivier de maladies et d’épidémies de tous genres. L’arrivée imminente de la saison des pluies, hante tous les brazzavillois et particulièrement les vendeurs dans les marchés. Sur le plan commercial, le Congo continue d’importer tous les produits manufacturés et agro-alimentaires qu’il consomme. Chaque année, il n’importe pas pour moins de 115 à 140 milliards de Fcfa de produits alimentaires, preuve éclatante que tout le tintamarre sur la diversification de l’économie et la croissance à deux chiffres n’est rien d'autre que de la propagande.

Le 15 octobre, s’est ouvert au Palais des Congrès, la session budgétaire de l’Assemblée Nationale pour arrêter les projections financières de l’année 2012. L’année 2011 arrive à son terme sur une note triste : la lecture du projet de budget de l’Etat exercice 2012, présenté au parlement par le gouvernement, révèle que le fameux taux de croissance économique à deux chiffres (12,1%), tant vanté n’a pas été atteint et semble se situer autour de 7,3% à la fin de l’année 2011. Les prévisions pour 2012 s’établissent à 7,6%. Cette tendance baissière est le résultat de la contraction de la production pétrolière dont les dernières estimations sont de 110 millions de barils en 2011 contre les prévisions initiales de 124 millions de barils. Pour 2012 cette production est estimée à 105,3 millions de barils.

Il est à souligner que les prévisions budgétaires de l’exercice 2012 du gouvernement ne prennent pas en compte cette contraction de la production pétrolière et la crise financière internationale. En effet, le budget de l’Etat exercice 2012 s’établit en recettes et en dépenses à la somme de 3645,575 milliards de Fcfa contre 3006,753 milliards de Fcfa en 2011, soit une progression de 22%. Cette progression est imputable non pas à la bonne tenue des cours du baril et du taux de change Cfa/$ us, mais essentiellement à un endettement projeté de 464 milliards de Fcfa et des dons de 66 milliards de Fcfa, dons qui apparaissent manifestement comme un mirage, car, la conjoncture internationale n’est pas propice à ce genre de largesses.

Nous estimons que l’endettement recherché de 464 milliards de Fcfa ne se justifie vraiment pas au regard de l’aisance financière qui caractérise le Congo aujourd’hui. A ce jour, les réserves accumulées grâce aux excédents budgétaires extériorisés depuis 2003 devraient atteindre la rondelette somme de près de 5000 milliards de Fcfa. Dans ces conditions, pourquoi chercher à s’endetter alors qu’il paraît plus simple et plus logique de rapatrier les énormes sommes déposées à la Banque de Chine et dans les paradis fiscaux, sommes dont le montant avoisinerait en 2010, environ 500 milliards de Fcfa pour la seule Banque de Chine? Pourquoi le gouvernement cherche t-il à recourir à de nouveaux emprunts alors que dans le même temps, il projette de prêter plus de 200 milliards de Fcfa à des acteurs sur le marché ? Pourquoi les réserves accumulées depuis 2003 ne sont-elles pas reprises au budget comme ressources acquises des exercices antérieurs ? L� ��orthodoxie budgétaire et la transparence commandent que le gouvernement publie l’exécution détaillée du budget de l’exercice 2011 avant d’étaler des chiffres qui font rêver pour 2012, et ce, dans le seul dessein de mystifier le peuple.

Nous exigeons que le gouvernement réponde aux interrogations suivantes :
1- Quels ont été les taux de réalisation en recettes et en dépenses pour le budget 2011 ? ;

2- Sur les projets d’investissement programmés, combien ont été réalisés et pour quel montant ?

3- Quelle est la position du compte de stabilisation budgétaire à la Banque Centrale depuis 2003 ? Pourquoi le cadre budgétaire ne reprend-t-il pas ces excédents ? Pourquoi ce même cadre budgétaire ne comporte-t-il pas de ligne sur les avoirs en dépôt à l’extérieur (par exemple à la Banque de Chine) ?


4- Quels projets le gouvernement a-t-il financé avec les fonds PPTE, évalués par lui à : 40 milliards de Fcfa pour 2010, 40 milliards de Fcfa pour 2011 ?

5- Qu’est-il advenu de l’excédent prévu pour l’exercice 2011?

Les Congolais attendent des réponses précises à ces questions pour mieux apprécier la gouvernance des finances publiques. Le gouvernement doit dire au peuple ce qu’il a fait des excédents budgétaires engrangés depuis 2003, dont le montant avoisine comme il a été dit plus haut, la somme de cinq mille (5000) milliards de Fcfa.

3- Au plan social, la situation se dégrade chaque jour davantage et se caractérise entre autres par :
3.1 : au niveau de l’éducation

Il nous paraît inutile de rappeler l’importance que revêtent l’éducation, la formation qualifiante et la technologie, considérées dans le monde, comme les principaux facteurs de liberté et de développement d’une Nation. L’éducation et la formation professionnelle donnent en effet aux populations les moyens de sortir de la pauvreté, tandis que l’innovation technologique renforce non seulement la croissance économique en dopant la production, mais aussi les capacités humaines, en mettant en place des produits qui contribuent directement à l’amélioration de l’alimentation, du niveau de vie, etc. Que devient le système éducatif dans notre pays ? Que devient ce Congo qui était le pays le plus scolarisé d’Afrique ?

Les écoles, les lycées sont dans un état de délabrement et de dénuement quasi-total ; il n’y a plus aucun internat. Le manque criard d’enseignants qualifiés au niveau des enseignements de base, primaire et secondaire, oblige les parents d’élèves à se référer systématiquement aux volontaires tout venants, non qualifiés, qu’ils prennent eux-mêmes en charge.

A Brazzaville tout comme à l’intérieur du pays, le constat est amer : les enfants sont assis à même le sol dans des salles de classe surpeuplées alors que plus de 60% du territoire national sont occupés par la forêt dense et que le pays exporte 900.000 m3 de grumes par an. C’est là, tout le paradoxe congolais : des enfants assis à même le sol dans un pays où les forêts denses couvrent 22,5 millions d’hectares ! L’université Marien Ngouabi, avec ses 20.000 étudiants, occupe les mêmes salles et les mêmes amphithéâtres qu’il y a 35 ans où l’on comptait à peine 2000 à 3000 étudiants ; conséquence : les étudiants prennent les cours, soit débout, soit assis à même le sol, bien entendu après avoir loué les services des tiers pour réquisitionner lesdites places. Sans avoir au préalable crée les conditions de sa faisabilité, le pouvoir a imposé à l’université d’introduire dans tous les établissements le système Licence-Master-Doct orat (LMD) à la rentrée 2011- 2012. Quelle aberration !

3.2 : Au niveau de la santé
Dans presque toutes les formations sanitaires, il manque du personnel qualifié. Pendant ce temps, les médecins et autres personnels de santé, formés à la faculté des sciences de la santé de l’université Marien Ngouabi et à LOUKABOU, sont devenus des chauffeurs de taxis et de bus. La capacité hospitalière est très faible. En 1989 par exemple, le Congo ne compte au total que 544 structures de médecine curative et 65 structures de médecine préventive. Par ailleurs, on a en moyenne un effectif de 200 personnes pour un lit d’hospitalisation en 1994, contre 401 en 1996.

3.3 : Au niveau de l’environnement :
Depuis plus d’une trentaine d’années, les questions d’environnement préoccupent l’humanité toute entière. La protection de l’environnement est un principe ayant pour finalité le développement intégré, solidaire et partagé aussi bien pour les générations présentes que futures, par les convergences des politiques environnementales, économiques et sociales. Dans ce cadre, le développement économique de notre pays, doit nécessairement prendre en compte les aspects sociaux tout en préservant l’environnement et les ressources naturelles.

Face à cette exigence mondiale, on constat que, l’environnement en République du Congo se résume aux opérations de « planting » des eucalyptus et des sapins tous les 6 novembre de l’année. Comme on le sait, le cadre de vie dans nos villes et villages se dégrade d’années en années sans pourtant qu’une politique environnementale soit clairement définie. Par exemple, notre capitale présente un visage triste et misérable, avec des immondices qui jonchent chaque coin de rue et les alentours des marchés, les eaux usées, les fosses septiques qu’on vide sur les voies publiques, les eaux de ruissèlement, l’absence d’égouts ou les égouts à ciel ouvert, sont autant de conditions permettant la prolifération des microorganismes qui contaminent directement ou indirectement les populations, en souillant les sols, l’eau et les aliments.

3.4 : Au niveau de l’habitat et du logement
L’aménagement urbain au Congo date du plan quinquennal de développement économique et social (1982 – 1986). Les quatre principales villes du pays (Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie et Nkayi) avaient été dotées de schémas directeurs d’urbanisme. Dix-huit (18) autres centres secondaires avaient fait l’objet de plans directeurs d’urbanisme. Cependant, aujourd’hui, ces schémas n’ont jamais été mis en œuvre. Par conséquent, la croissance des villes congolaises ne répond à aucune norme d’occupation de l’espace ni à aucun plan directeur. Faute de schémas directeurs, l’intervention dans les secteurs d’infrastructures collectives (eau, électricité, voirie, assainissement, santé, école) se fait à postériori lorsque cela est possible. Les conséquences d’une telle absence de politique urbaine sont nombreuses (construction sur des zones à risques, destruction incontrôlée du couvert végétal périurbain, difficultés de drainage des eaux usées) d’où des érosions gigantesques observées principalement au niveau des sites urbains notamment à Brazzaville, Pointe-Noire et Nkayi, etc.

Par ailleurs, l’absence d’une politique cohérente de construction de logements sociaux accessibles pour les couches défavorisées, est un véritable frein au bien-être de la population. Quel est ce fonctionnaire congolais qui peut devenir propriétaire d’un logement social qui coûte 80.000.000 de Fcfa, format construit à Bacongo ? Enfin, s’agissant de l’habitat rural, celui-ci ne cesse de se dégrader sans que personne ne s’en préoccupe.

3.5 : Au niveau de l’emploi
Au Congo, le chômage, particulièrement en milieux jeunes est devenu endémique. Rappelons que depuis 2002, année de démarrage de la « Nouvelle Espérance » jusqu’à 2009, année de la mutation de la « Nouvelle Espérance » en « Chemin d’Avenir », programmes électoraux du candidat Denis Sassou Nguesso, le pouvoir n’a cessé de faire des promesses mirobolantes sur l’emploi en général, l’emploi des jeunes en particulier. Il a ouvert depuis 2002, quatre chantiers présentés à grand renfort de propagande comme pourvoyeurs d’emplois. Il s’agit de : la municipalisation accélérée dans les départements, le lancement de la route Pointe-Noire – Brazzaville, la construction du barrage d’Imboulou et le recrutement dans la Fonction publique. Qu’en est-il des résultats chiffrés sur le terrain, après le bilan en 2009 des sept ans de la « Nouvelle Espérance » et après l’évaluation à mi-parcours du « Chemin d’Avenir » ? La réponse est simp le et claire : le chômage des jeunes est massif comme en témoignent les statistiques officielles en la matière : dans le groupe des 15-19 ans, le taux de chômage est supérieur à 40% ; dans le groupe des moins de 30 ans, le taux est de 36,7% pour la tranche 20-24 ans, 27,7% pour les 25-29 ans. Au niveau de l’ensemble du pays, la moyenne nationale est de 19,4%. Ce taux est de 32,6% pour Brazzaville et 31,5% pour Pointe-Noire (ECOM 2005). Le ministère de la formation qualifiante et le ministère de la jeunesse n’ont jamais présenté une évaluation de leur performance en la matière. Les quarante mille (40.000) emplois promis par le pouvoir dans son programme « La Nouvelle espérance » ainsi que, les cinquante mille (50.000) emplois promis dans « Le Chemin d’Avenir », se révèlent à la pratique, être de pures fictions.

Comme on le voit, la situation sociale des populations est désastreuse. Chaque Congolais est confronté quotidiennement au manque d’eau potable et d’électricité, à la maladie, à la précarité, à la misère, à l’extrême pauvreté, à un environnement insalubre.




4- Sur les élections législatives de 2012.
Comme nous l’avons dit supra, la Conférence nationale souveraine a donné le démarrage d’une longue marche vers la démocratie. L’axe dorsal de cette marche, c’est le processus électoral à différentes étapes. Le chemin parcouru révèle que les élections organisées depuis 1992, ont souvent été la pomme de discorde, la source de violences et de déchirements au lieu de constituer comme le souhaitent le peuple, les démocrates et les républicains, des moments forts de l’expression de la liberté et de la démocratie.

Le système électoral opaque et frauduleux mis en place depuis la fin de la guerre avec le retour au pouvoir de Denis SASSOU NGUESSO, homme profondément habité par des réflexes monopartites et des relents monarchistes, a conduit l’ARD à ne pas participer aux élections législatives de 2007 et aux élections locales de 2008. L’élection présidentielle de 2009 ayant été organisée sur la base de ce système frauduleux, les candidats de l’opposition ont dû appeler les populations à ne pas aller voter pour ôter à la réélection frauduleuse de Dénis SASSOU NGUESSO, toute légitimité. Aujourd’hui, l’échéance de 2012 pointe à l’horizon. Que doit faire l’Alliance pour la République et la Démocratie ? Rééditer 2007 et 2008 ?

L’A.R.D. dit NON ! Elle participera aux élections législatives de 2012, mais dans des conditions de transparence absolue. Malheureusement, le pouvoir a décidé de faire cavalier seul. Il crée unilatéralement des circonscriptions à sa guise à B/ville, Pointe Noire, et à l’Ile-Mbamou. Il a entrepris de déterminer seul le corps électoral à travers un recensement faussement administratif. Ces entreprises malencontreuses sont, à n’en pas douter, des provocations aux quelles il faut mettre un terme au plus vite. La seule solution dictée par la raison est la convocation sans délai d’un vrai dialogue politique entre la mouvance présidentielle et la mouvance oppositionnelle pour définir ensemble les conditions d’élections législatives libres, transparentes et équitables en 2012.
Sur ce sujet, après avoir longtemps tergiversé, le pouvoir se dit désormais près au dialogue avec l’ensemble des acteurs politiques. Ce dialogue, il propose qu’il ait lieu à Ewo (chef-lieu du département de la Cuvette-Ouest), à la charge complète de l’Etat (transport, hébergement, restauration, etc), ce qui ressemble fort, à la fois à une tentative de corruption et à une prise en otage des participants. Pour l’ARD, ce dialogue qu’il a appelé depuis longtemps de tous ses vœux, ne peut avoir lieu, dans les conditions actuelles qu’à Brazzaville où les partis politiques peuvent en cas de nécessité, consulter leurs directions nationales respectives.
S’agissant de la détermination du corps électoral, le pouvoir continue de refuser la réalisation consensuelle d’un recensement administratif spécial et propose une révision des listes électorales de 2009. Pour l’ARD, ces listes ne peuvent pas servir de listes de référence pour la simple raison qu’en 2009, le pouvoir a proposé pour la seule élection présidentielle six corps électoraux différents, aussi frauduleux les uns que les autres. Rappelons-les :
- 2.227.144 électeurs selon les chiffres communiqués par le ministre de l’intérieur pour les élections législatives de 2007 et les locales de 2008 ;
- 2.228.558 électeurs selon les chiffres communiqués par le ministre de l’intérieur à la suite des opérations de révision des listes électorales ;
- 2.000.120 électeurs selon les chiffres communiqués par le ministre en charge des élections au corps diplomatique accrédité au Congo le 25 mai 2009 ;
- 2.200.000 électeurs selon les chiffres communiqués par le ministre de l’administration du territoire le 09 juillet 2009 ;
- 1.800.000 électeurs selon les chiffres communiqués par le président de la commission d’organisation des élections (Conel) le 11 juillet 2009 ;
- 2.078.802 électeurs selon les chiffres communiqués par le ministre de l’administration du territoire, lors de la publication des résultats provisoire de l’élection présidentielle, le 15 juillet 2009.
Face à une telle instabilité du corps électoral, la seule voie de salut est le recensement administratif spécial organisé de façon consensuelle par le pouvoir et l’opposition.
En définitive, trois points fondamentaux doivent être au cœur des débats du dialogue à savoir :
1. la construction des conditions permettant la définition consensuelle du nouveau découpage et du corps électoral ;
2. la mise en place d’une commission électorale paritaire, véritablement indépendante, chargée de toutes les opérations pré-électorales et électorales ;
3. l’élaboration d’une nouvelle loi électorale qui confie l’organisation de l’ensemble des opérations pré-électorales et électorales à cette commission paritaire et indépendante et qui garantit la liberté de mouvement de tous les acteurs, l’accès équitable de toutes les sensibilités politiques aux médias publics et la neutralité de la force publique chargée de sécuriser les élections.
La réalisation de ce schéma que nous proposons est la condition qui permet à notre pays d’éviter les affres du passé et d’avoir des élections apaisées en 2012.
Face à cette situation d’ensemble,
L’Alliance pour la République et la Démocratie invite les patriotes, les démocrates et les républicains, à se mobiliser activement pour faire échec aux provocations et aux menées bellicistes du clan au pouvoir visant à briser le désir d’alternance du peuple congolais ;

Soucieuse de préserver la paix civile encore fragile, l’A.R.D, lance un dernier appel pressant au pouvoir pour qu’il renonce à ses initiatives unilatérales en matière de préparation des élections et qu’il consente à ouvrir un vrai dialogue politique avec tous les acteurs pour définir ensemble, les conditions permissives de bonnes élections en 2012 ;

L’A.R.D. appelle le peuple congolais à se mobiliser activement partout, pour contraindre le pouvoir à faire preuve de sagesse et de responsabilité en acceptant de définir avec l’opposition les conditions requises pour aller aux élections dans la paix ;

L’ARD rappelle que les élections législatives de 2012 constituent un rendez-vous crucial pour la démocratie congolaise et demande en conséquence à ses militants et sympathisants, d’aiguiser leur vigilance, afin de barrer la voie aux manœuvres du pouvoir tendant à empêcher la réalisation des conditions permissives d’élections libres et transparentes ;

L’ARD appelle enfin, la communauté internationale, notamment les Nations-Unies, l’Union Européenne, l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) et plus particulièrement les Etats-Unis d’Amérique et la France, à soutenir le peuple congolais dans sa lutte pour la liberté, la démocratie et la justice, en vue d’une alternance démocratique et pacifique au Congo, au moyen d’élections libres, transparentes et équitables.

Fait à Brazzaville, le 20 novembre 2011

La Conférence des Présidents.

 

  

 

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Published by DZON MATHIAS
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  • DZON MATHIAS
  • Mathias Dzon, économiste de formation, Président de l'ARD et premier secrétaire de l'UPRN
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